MAL À L’ÂME

depression

Nous avons tous, de temps à autres, de ces perceptions profondes, parfois bizarres ou perturbantes, parfois inspirantes et émouvantes, dont on ne connaît pas la provenance. Des perceptions qu’on préfère garder pour soi, par peur du ridicule ou du jugement des autres, tellement elles sont éloignées de notre «réalité» extérieure que nous pouvons mesurer, voir, sentir, toucher, alors que nos perceptions profondes, elles, n’ont aucune matérialité perceptible par nos sens et pas plus d’ailleurs que par nos instruments de mesures les plus sophistiqués.

Ces perceptions profondes, sont souvent même, si conflictuelles avec ce que nous essayons de vivre à l’extérieur de nous, tellement nous cherchons à bien «paraître» aux yeux des autres, en conformité avec les dictas de la société, que nous en devenons dépressifs et parfois même, suicidaires. Cet état dépressif aura évidemment une incidence sur notre corps physique, entraînant des symptômes, tel une diminution du niveau de sérotonine dans le cerveau, faisant dire à nos doctes savants, que c’est le bas niveau de sérotonine dans le cerveau qui est la cause de la dépression. Mais, le fait de corriger le symptôme en donnant des «antidépresseurs» et des anxiolytiques, ne corrige en rien la source du problème, qui quoi qu’en dise les «savants», est un mal de l’âme.

J’ai été dépressif toute ma vie durant, et j’ai été «soigné» selon les critères du monde où je vis. Pourtant, ce ne sont pas les médecins qui m’ont guéri de mon mal de l’âme, puisque même avec leur pharmacopée, j’ai, un soir d’hiver de 2004, posé le geste fatidique afin d’en finir avec ma souffrance… heureusement pour moi, je me suis raté. Je me suis réveillé près de 20 heures plus tard, toujours vivant, mais le moral tout au fond du baril.

J’avais lutté toute ma vie pour être aimé par les autres, non pas tel que je suis, au plus profond de moi-même, mais en conformité du moule que la société nous impose, et dans lequel j’étais incapable de m’immiscer, sans que je sache alors pourquoi.  C’était cela mon trouble grandissant.  Au fil de ma vie, ce trouble s’est vite transformé en constat implacable:  ma vie n’avait plus aucun sens.

J’ai abouti sur l’aide sociale, mais malgré cela, j’ai lâché prise. J’ai décidé que je ne tenterais pas de retourner travailler dans cette société qui me rendait malade, car c’était pour moi le plus sûr moyen de récidiver dans la dépression.  Je vivais dans une extrême pauvreté, mais je vivais. Il fallait donc que je travaille sur moi-même afin de comprendre finalement ce qui m’avait hanté toute ma vie: «Qui étais-je vraiment»?  «Pourquoi étais-je si différent des autres»? «Pourquoi étais-je incapable de faire abstraction de mes perceptions intérieures si conflictuelles avec ce qu’on vit dans la société dite «civilisée»?

J’ai commencé à regarder en moi. J’ai beaucoup médité, et au fil des jours, la lumière s’est faite progressivement en moi, au fur et à mesure que j’acceptais de me regarder en face et que je travaillais à m’accepter tel que je suis. Il m’aura fallu quelques années avant d’en arriver à un début de paix et de sérénité intérieure durable, et que je réalise enfin, que toutes mes souffrances antérieures avaient été le plus beau cadeau que la Vie m’avait fait, puisque c’était ce qui m’avait permis de m’éveiller. Cela, mon mental seul, n’aurait jamais pu l’accepter auparavant. Pour comprendre cela, il aura fallu que je descende dans les «profondeurs de mon être», afin de me reconnecter avec qui JE SUIS vraiment.

Je comprend parfaitement bien, maintenant, que tout ce que la Vie place sur notre chemin, que ce soit en bien, comme en mal, n’a pour seul but que de nous éveiller à nous-mêmes. Je comprend aussi la raison pour laquelle nous pouvons dire, concernant ceux qui nous tourmentent : «Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font»!   IL N’Y A QUE L’ÊTRE VÉRITABLE QUE NOUS SOMMES QUI PUISSE FAIRE TOUT CELA !

Il m’aura fallu vivre l’enfer que je me créais moi-même, de par mon ignorance et mes fausses croyances sur qui je pensais être, pour que je puisse me réveiller… mais il était minuit moins une minute avant que l’irréparable ne se produise pour moi.

QU’EN SERA-T-IL POUR VOUS…  ET L’HUMANITÉ ?

Irez-vous jusqu’au bout de vos illusions, comme j’avais cherché à le faire avant de m’écrouler?  Ou commencerez-vous à vous interroger sérieusement sur le véritable sens de la Vie, et commencerez-vous à travailler sur vous-mêmes?

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A propos Réjean Mélançon

Je suis un solitaire invétéré ayant toujours été très sensible à la bêtise humaine sous toutes ses formes...
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